Le patron de la BAC de Pantin condamné après avoir frappé un mineur
C’est une affaire qui fait grand bruit du côté de Bobigny. Le patron de la brigade anti-criminalité (BAC) de Pantin a dû répondre de ses actes devant le tribunal correctionnel. En cause ? Une garde à vue qui a viré à la violence pure et simple en 2024. Le policier, censé montrer l’exemple, a été reconnu coupable de violences sur un mineur.
« Quatre, cinq bonnes baffes »
Le récit des faits est glaçant. Face aux juges, le policier a reconnu avoir assené « quatre, cinq bonnes baffes » à un jeune homme interpellé et placé sous sa responsabilité au commissariat. Des coups qui n’ont rien d’anodin : la victime, mineure au moment des faits, porte encore aujourd’hui les traces physiques et psychologiques de ce passage à tabac. Le jeune homme a décrit une scène humiliante et violente, loin de la procédure encadrée par la loi.
Pendant l’audience, la défense du policier a tenté de renverser la vapeur en invoquant la légitime défense. Selon lui, le mineur aurait eu une attitude provocatrice, voire menaçante, justifiant une réponse physique. Une ligne de défense qui n’a pas convaincu le tribunal. Pour les magistrats, le déséquilibre entre l’autorité représentée par le chef de la BAC et le mineur en cellule ne laissait aucune place à une telle dérive.
Une condamnation qui interroge
Ce procès vient s’ajouter à la longue liste des affaires de violences policières qui cristallisent les tensions entre les forces de l’ordre et une partie de la population. Si le policier a été condamné, la question de l’impunité et de la formation des agents aux méthodes de maintien de l’ordre en garde à vue est plus que jamais sur la table.
Pour beaucoup, voir un haut gradé condamné pour des faits de violence gratuite sur un mineur est une étape nécessaire, mais le traumatisme subi par le jeune homme, lui, reste bien réel. L’affaire rappelle que, même derrière les murs d’un commissariat, personne n’est au-dessus des règles élémentaires de respect et de dignité humaine. Le verdict est tombé, mais le malaise, lui, persiste dans les quartiers de Pantin.
L’essentiel
- Le chef de la BAC de Pantin a été jugé pour des violences sur un mineur survenues en 2024.
- Le policier a admis avoir donné « quatre, cinq bonnes baffes » au jeune homme lors de sa garde à vue.
- La défense a plaidé la légitime défense, une version rejetée par le tribunal de Bobigny.
- La victime souffre toujours de séquelles, faisant de cette affaire un symbole de plus sur les violences policières en France.
- Le policier a été reconnu coupable et condamné par la justice.



