Enfin : vos protections menstruelles seront remboursées dès la rentrée 2026
C’est la fin d’un feuilleton administratif qui a duré bien trop longtemps. Après des mois d’attente, de promesses en demi-teinte et de frustration pour des millions de personnes, le couperet est tombé : les protections périodiques réutilisables seront enfin remboursées par l’Assurance Maladie à partir de septembre 2026. Si vous avez moins de 26 ans ou que vous bénéficiez de la complémentaire santé solidaire (C2S), préparez vos ordonnances : votre porte-monnaie va enfin pouvoir souffler face au coût exorbitant des règles.
Trois ans de galère pour une mesure attendue
Pour bien comprendre le bazar, il faut remonter en décembre 2023. Le Parlement votait le budget de la Sécurité sociale avec une ambition claire : rendre les protections durables (culottes de règles, cups) accessibles à toutes. Sauf que dans les faits, rien ne s’est passé. Le projet a traîné dans les couloirs des ministères, transformant une avancée sociale en une blague monumentale.
En janvier 2026, la tension est montée d’un cran. Plusieurs cheffes d’entreprises du secteur ont balancé une lettre ouverte cinglante, dénonçant une situation devenue intenable, tant sur le plan sanitaire que social. La pression a fini par payer. Après avoir concédé un retard inacceptable dans le calendrier, la ministre Aurore Bergé a fini par signer le décret salvateur ce jeudi 16 avril 2026, lors d’un passage sur le campus de l’université Paris Cité. Il était temps.
Concrètement, comment ça va marcher pour vous ?
L’annonce est actée, mais reste à savoir comment passer à la caisse. Le dispositif est simple : la Sécurité sociale s’engage à prendre en charge 60 % du coût de vos protections réutilisables. Le remboursement concerne les culottes menstruelles et les coupes, des produits qui coûtent souvent un bras à l’achat initial.
Qui est concerné ? Si vous avez moins de 26 ans, c’est pour vous, et ce, peu importe vos revenus ou votre situation professionnelle. Idem pour les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire (C2S), quel que soit votre âge. Par contre, il y a une petite subtilité à anticiper : tout devra se passer en pharmacie. Oui, on sait, on a toutes et tous nos habitudes sur les sites spécialisés ou en supermarché, mais le gouvernement impose ce passage par l’officine. L’excuse officielle ? Garantir un conseil médical. La réalité, c’est surtout un cadre réglementaire bien rigide.
La France suit la trace de l’Écosse
Avec cette décision, la France rejoint enfin le camp des pays progressistes sur la question de la précarité menstruelle, juste derrière l’Écosse, pionnière depuis 2022. On parle ici de 6,7 millions de personnes qui vont voir leur quotidien, et surtout leur compte en banque, impacté positivement dès la rentrée. Au-delà du symbole, c’est une vraie victoire de santé publique. Reste maintenant à espérer que ce remboursement ne soit qu’une première étape vers une gratuité totale et universelle de ces produits de première nécessité.
L’essentiel
- Le remboursement sera effectif à partir de septembre 2026 pour les moins de 26 ans et les bénéficiaires de la C2S.
- La Sécurité sociale prendra en charge 60 % du coût des culottes de règles et des coupes menstruelles.
- L’achat devra obligatoirement être effectué en pharmacie pour être éligible au remboursement.
- Environ 6,7 millions de personnes sont concernées par cette mesure inédite en France.
- Cette avancée marque la fin de trois ans de blocages administratifs entre les associations et le gouvernement.



