Affaire Rima Hassan : ce qu’on sait sur la fuite pendant sa garde à vue
L’ambiance est plus que électrique entre l’eurodéputée LFI Rima Hassan et les instances judiciaires. Mercredi, une nouvelle étape a été franchie dans ce feuilleton politico-médiatique qui dure depuis le début du mois d’avril : Gérald Darmanin a dû s’expliquer face à l’Assemblée nationale. La raison ? L’Inspection générale de la justice a été saisie après une série de fuites ayant visé Rima Hassan alors qu’elle était en pleine garde à vue. Une situation que l’élue et son avocat, Me Vincent Brengarth, ne comptent pas laisser passer, dénonçant une violation pure et simple du secret de l’instruction.
Le Canard Enchaîné met le feu aux poudres
Tout part d’une enquête publiée dans le Canard Enchaîné. L’hebdomadaire y balance des informations explosives : Sacha Straub-Kahn, porte-parole du ministère de la Justice, aurait échangé avec plusieurs journalistes en plein cœur de la garde à vue de Rima Hassan. Selon le journal, l’échange portait directement sur le contenu de son audition. Pour la défense de l’élue franco-palestinienne, c’est la goutte de trop. Rima Hassan a déposé plainte, visant directement le porte-parole, et son avocat a officiellement demandé l’ouverture d’enquêtes administratives auprès des ministères de l’Intérieur et de la Justice.
Interrogé par le député LFI Thomas Portes à l’Assemblée, Gérald Darmanin a bien été contraint de confirmer la saisie de l’Inspection générale de la justice. De son côté, Sacha Straub-Kahn nie tout en bloc. Sur le réseau social X, il a fustigé des « allégations mensongères », annonçant avoir lui-même porté plainte pour diffamation et pour les « injures antisémites inacceptables » qu’il reçoit depuis la publication de l’article. Il se défend en expliquant que son rôle consiste à faire de la « pédagogie » auprès de la presse et que ces contacts sont monnaie courante, sans jamais aborder le fond des dossiers. Une version qui reste, pour le moment, en contradiction directe avec les accusations portées par le camp de Rima Hassan.
L’ombre d’une drogue de synthèse
Au-delà de la procédure, c’est le traitement médiatique des coulisses de cette garde à vue qui interroge. Alors que l’élue était interrogée pour une affaire d’apologie du terrorisme liée à l’un de ses tweets, la presse a largement relayé la découverte de « quelques grammes » d’une drogue de synthèse dans son sac. Une info balancée en plein milieu de sa garde à vue, avant même qu’une communication officielle ne vienne confirmer les faits.
Sur ce point, la défense est claire : Rima Hassan affirme avoir acheté du CBD en toute légalité dans une boutique à Bruxelles, justificatif à l’appui. Son avocat précise que si les analyses de la police ont détecté des traces de produits illicites, les analyses urinaires de l’élue, elles, n’ont révélé aucune trace de drogue dans son organisme. Elle conteste fermement avoir eu l’intention d’acheter autre chose que du CBD, une substance légale. Le parquet de Paris, conscient de la gravité de la situation, a d’ailleurs ouvert une enquête pour violation du secret de l’enquête il y a quelques jours, pointant du doigt la précision suspecte des informations ayant fuité dans les médias à un moment aussi stratégique.
En bref
- Le garde des Sceaux a saisi l’Inspection générale de la justice concernant des fuites durant la garde à vue de Rima Hassan.
- L’eurodéputée a porté plainte, accusant le porte-parole du ministère de la Justice, Sacha Straub-Kahn, d’avoir divulgué des informations confidentielles à la presse.
- Le porte-parole conteste ces faits, parle de « rumeurs mensongères » et a déposé plainte pour diffamation.
- La polémique porte également sur des fuites concernant la possession présumée de drogue de synthèse, que Rima Hassan dément, assurant avoir acheté du CBD légal.
- Une enquête pour violation du secret de l’instruction a été ouverte par le parquet de Paris.



