C’est quoi le projet ? La rédaction qui recrute à tour de bras chez le RN
On pensait avoir tout vu dans le paysage médiatique français, mais là, ça devient très concret. Souvenez-vous : en 2021, au moment du lancement, cette rédaction s’était fait remarquer par une ligne éditoriale clairement pro-Zemmour. On était loin du journalisme neutre, plutôt dans le militantisme pur jus. Mais aujourd’hui, les choses ont passé la vitesse supérieure. Ce n’est plus juste une tendance politique, c’est devenu une véritable filiale de recrutement pour le Rassemblement national.
En coulisses, la rédaction a récemment accueilli une vague de nouveaux visages qui ne sortent pas d’écoles de journalisme classiques, mais tout droit de l’organigramme du parti de Jordan Bardella. On ne parle pas de simples sympathisants, mais de profils très « encartés ». Dans le lot, on retrouve une communicante qui gérait l’image du président du RN, un candidat aux élections, et même un assistant parlementaire du parti. Bref, le mélange des genres n’est plus un sujet, c’est une stratégie assumée.
Journalisme ou communication politique : la frontière devient floue
Pour beaucoup d’observateurs, c’est le signe que le « journalisme d’opinion » a basculé dans autre chose. Quand des communicants politiques troquent leurs dossiers de presse pour des micros ou des claviers, la question de l’indépendance de l’information se pose forcément. Est-ce qu’on peut vraiment enquêter sur un parti quand on a fait partie de son état-major quelques semaines plus tôt ? La question est vite répondue pour les critiques, mais pour la rédaction concernée, cela semble être la nouvelle normalité.
Ce phénomène s’inscrit dans une logique plus large : celle de médias qui ne cherchent plus à informer un public large, mais à construire des chambres d’écho pour une audience déjà convaincue. En internalisant des experts de la com’ du RN, le média s’assure une ligne éditoriale parfaitement alignée avec l’agenda du parti. C’est efficace, c’est ciblé, et c’est surtout une rupture historique avec la déontologie journalistique traditionnelle.
Alors, faut-il s’en étonner ? Pour ceux qui suivent de près l’évolution du paysage médiatique, c’est la suite logique d’une droitisation décomplexée. Le problème, c’est que quand le journalisme devient le prolongement d’un cabinet de communication politique, c’est le débat public qui trinque. Le lecteur, lui, se retrouve face à un contenu où le doute n’a plus sa place, et où la « vérité » est dictée par les intérêts d’un parti plutôt que par les faits.
L’essentiel
- Une rédaction initialement connue pour son soutien à Éric Zemmour en 2021 change de cap.
- Plusieurs membres influents du Rassemblement national (communicante de Bardella, candidats, assistants) ont rejoint l’équipe rédactionnelle.
- Le transfert direct de cadres politiques vers des postes de journalistes pose de sérieuses questions sur l’indépendance de la ligne éditoriale.
- Ce glissement illustre la montée en puissance de médias qui fonctionnent davantage comme des outils de communication partisane que comme des rédactions indépendantes.



