Avoue : toi aussi, tu as ce réflexe devenu pavlovien de dégainer le bouton vitesse en bas à droite de ton player dès que le générique de fin approche, ou pour torcher une série un peu trop contemplative. Le x1,25 ou le x1,5 est devenu le meilleur pote, le copilote indispensable de nos sessions solo sous la couette. On se disait que c’était notre petit secret honteux, une technique de survie ultime pour finir la saison 4 d’un drama sans s’endormir après dix minutes. Sauf que là, les Rendez-vous Québec Cinéma ont décidé de fracasser le tabou en faisant un truc totalement lunaire : projeter le film Amour, vieillesse et apocalypse d’Anne Émond en vitesse x1,5, en pleine salle obscure.

Imagine le délire. On n’est pas dans le métro en train de mater un TikTok en écran splitté, on est dans une salle avec du son immersif, des fauteuils en velours et une lumière tamisée. Résultat : 100 minutes de pellicule compressées en 66 minutes chrono. Un film mode espresso, servi ultra-serré pour une audience qui semble avoir la flemme de laisser respirer les scènes. C’est le malaise absolu ou le futur du ciné ?

La TikTokisation de nos cerveaux : le vrai coupable ?

Pourquoi infliger ça à une œuvre d’art ? L’idée derrière cette performance n’était pas de dissoudre le travail de la réalisatrice dans un mixeur géant, mais surtout de nous foutre face à nos propres contradictions. Aujourd’hui, on ne regarde plus des vidéos, on les consomme comme on engloutit un paquet de M&M’s entre deux cours ou deux réunions. Entre deux Reels, trois notifs Insta et un scroll infini sur Twitter, notre capacité d’attention a pris tarif. On est devenus des accros à la dopamine : si une vidéo ne nous envoie pas un shot d’adrénaline dans les trois premières secondes, on zappe mentalement. Le problème, c’est que le cinéma, c’est censé être l’exact inverse : la contemplation, le silence, les plans larges et les temps de latence qui disent tout sans un mot. En accélérant le rythme, on tue l’intention du cinéaste. On bazarde le non-dit, le regard qui traîne, la musique qui s’installe pour créer cette atmosphère unique. On transforme une expérience immersive en une simple check-list à valider pour pouvoir dire : Ok, j’ai vu ce film.

L’art face à la dictature de l’optimisation

À Québec, l’expérience a fait hurler les puristes autant qu’elle a fasciné ceux qui voient le cinéma comme une industrie devant s’adapter pour ne pas crever face à la concurrence déloyale des plateformes de SVoD. Mais est-ce qu’on ne touche pas le fond ? À force de vouloir optimiser chaque minute de notre vie pour gagner du temps, on finit par ne plus rien ressentir. Une émotion, ça a besoin de temps pour infuser. Un personnage qui verse une larme en x1,5, ça devient instantanément un sketch absurde. On perd le grain de l’image, la grammaire du cadre et le souffle de l’œuvre. Le cinéma, c’est censé être organique. Si on laisse la vitesse dicter notre rapport au beau, on se dirige tout droit vers un futur où l’on aura un bouton Skip boring scenes sur l’accoudoir du fauteuil, ou des trailers qui nous résument l’intrigue en 15 secondes pour éviter d’avoir à réfléchir. Si c’est ça le futur, alors le septième art est en sacré danger de devenir une simple vidéo de contenu parmi tant d’autres. Et honnêtement, on mérite mieux que ça.

En bref

  • Le concept : Le film Amour, vieillesse et apocalypse a été diffusé en salle à x1,5 pour provoquer une réflexion sur notre rapport au temps.
  • Le diagnostic : L’initiative souligne notre incapacité grandissante à supporter la lenteur, conséquence directe de la consommation de formats courts (TikTok, Reels, Shorts).
  • Le danger : En conditionnant notre cerveau à réclamer une satisfaction immédiate, on érode notre capacité de concentration et on vide le cinéma de toute sa profondeur émotionnelle.
  • L’enjeu : Ce débat oppose les nouveaux usages digitaux de la Gen Z à la nécessité de préserver la temporalité propre à l’acte artistique, évitant ainsi de transformer le ciné en objet jetable.
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