Banksy : l’enquête qui pourrait enfin lever le voile sur l’artiste le plus mystérieux de la planète
Pendant des décennies, le nom de Banksy a résonné comme un mythe urbain, un fantôme armé d’une bombe de peinture et d’un sens aigu de la satire sociale. Qui est réellement la personne cachée sous ce sweat à capuche devenu iconique ? Si le mystère a nourri sa légende, une nouvelle enquête explosive publiée en mars 2026 par Reuters vient de relancer la machine à spéculations à un niveau inédit. Oubliez les théories fumeuses, nous sommes peut-être arrivés à la fin du jeu.
Robin Gunningham : le nom qui revient hanter le monde de l’art
Selon les investigations minutieuses menées par Reuters, le visage derrière le pochoir serait très probablement celui de Robin Gunningham, un artiste de Bristol né dans les années 70. Si ce nom ne vous dit rien, sachez qu’il traîne dans les colonnes des tabloïds britanniques depuis 2008, date à laquelle le Mail on Sunday avait déjà pointé cette piste. Toutefois, là où les anciens articles ne faisaient qu’effleurer la surface, Reuters a mis le paquet. Grâce à une combinaison d’archives inédites, de témoignages exclusifs, de documents judiciaires et d’un géotraçage des déplacements de l’artiste, l’agence affirme avoir consolidé cette hypothèse pour en faire une véritable conviction journalistique.
Le point le plus croustillant de cette enquête concerne une tentative de camouflage assez audacieuse. Reuters avance que Gunningham aurait pris une décision radicale pour semer les paparazzis et les enquêteurs : changer d’identité pour devenir David Jones. Un patronyme volontairement basique, le Jean Dupont britannique ultime, histoire de se fondre dans la masse. Le détail qui tue ? Ce nouvel alias apparaîtrait dans des données de voyage liées à une expédition très spécifique en Ukraine en 2022. La chronologie concorde parfaitement avec l’apparition soudaine, en pleine zone de conflit, de fresques murales certifiées Banksy autour de Kiev. Difficile de crier à la simple coïncidence.
Quid de Robert Del Naja ?
On a tous lu cet article qui jurait que Banksy était en réalité Robert Del Naja, alias 3D, membre légendaire du groupe Massive Attack et graffeur historique de Bristol. Cette théorie, extrêmement séduisante parce qu’elle relie le street art à la culture club, est balayée par l’enquête de Reuters. Pour les journalistes, Del Naja n’est pas le cerveau derrière Banksy. En revanche, ils soulignent une nuance cruciale : ils seraient amis, et surtout, collaborateurs. Certains témoignages placeraient d’ailleurs les deux hommes ensemble lors de ce célèbre voyage en Ukraine. Serions-nous face à un collectif plutôt qu’à un seul homme ? La frontière devient poreuse.
Évidemment, le camp Banksy reste droit dans ses bottes : silence radio total. L’artiste n’a pas répondu aux sollicitations de Reuters et son avocat conteste les conclusions de l’enquête, rappelant que l’anonymat est le pilier central de sa démarche artistique. C’est ce qui lui permet de rester libre et de conserver son pouvoir de critique sociale.
La question qui divise aujourd’hui la communauté du street art est plus politique : pourquoi Banksy bénéficierait-il d’une forme d’immunité romantique alors que, dans toutes les villes du globe, de jeunes artistes risquent la garde à vue, des amendes salées, voire la prison pour une fresque réalisée dans la rue ?
En bref
- Une enquête approfondie de Reuters désigne Robin Gunningham comme étant Banksy.
- L’artiste aurait utilisé l’alias David Jones pour voyager discrètement en Ukraine en 2022.
- La thèse Robert Del Naja est écartée par Reuters, qui le voit plutôt comme un allié de l’artiste.
- Le camp Banksy conteste les révélations, défendant le droit à l’anonymat comme outil créatif.
- Ce dossier ravive un débat houleux sur le traitement différencié du graffiti selon la célébrité de l’auteur.



