Vous vous souvenez des vingt vidéos que vous avez scrollées hier soir sur TikTok ou Insta avant de tomber de sommeil ? Soyons honnêtes : à part quelques memes qui ont déclenché un rire nerveux, la grande majorité a déjà été engloutie par les limbes de votre cerveau. C’est la loi du doomscrolling, cette consommation ultra-rapide qui nous désensibilise en continu. Mais si on remplaçait enfin ce zapping automatique par une expérience qui nous prend vraiment aux tripes ? C’est précisément le pari du macLYON avec son exposition Regards sensibles, un projet qui nage à contre-courant de nos habitudes numériques.

L’antidote ultime au scroll infini

Oubliez l’algorithme qui cherche à vous enfermer dans une bulle. Ici, le musée lyonnais propose une immersion totale, pensée pour nous reconnecter à nos émotions profondes. L’exposition puise dans l’immense collection d’Isabelle et Jean-Conrad Lemaître – près de 350 œuvres récoltées depuis 1984 – pour nous prouver que la vidéo, loin d’être un flux jetable, est un puissant vecteur d’empathie. Comme l’explique Isabelle Lemaître, tout a basculé quand les caméras Portapak sont devenues accessibles : les artistes se sont emparés de ce médium comme d’une extension de leur propre sensibilité, passant de la photo à la vidéo pour capturer la vie en mouvement.

Quand l’art vidéo devient une claque émotionnelle

La commissaire de l’expo, Tasja Langenbach, a fait un travail d’orfèvre pour sélectionner une trentaine de pépites parmi les 170 pièces de la collection. Son critère ? Le feel. Ici, pas de discours théorique abscons : on est là pour ressentir. Regards sensibles nous embarque dans un parcours en trois temps qui explore tout ce qui nous rend humains : de la joie la plus pure, comme dans Skipping d’Arthur Kleinjan où une simple corde à sauter devient une ode à l’amour filial, aux malaises les plus prenants. On y croise des œuvres qui dérangent, qui interrogent nos privilèges et qui, surtout, nous obligent à nous arrêter.

Dans Barbed Hula, Sigalit Landau se filme en train de faire du hula-hoop avec un cerceau en fil barbelé. C’est visuel, c’est brutal, ça claque. On passe ensuite par A Loser, où Kai Kajlo nous plonge dans un malaise total façon sitcom, avant d’aborder des sujets politiques puissants. Manque de preuves d’Hayoun Kwon aborde le destin brisé des migrants, tandis que Les Indes Galantes de Clément Cogitore célèbre avec une énergie folle la résilience collective face à la répression. C’est cet arc émotionnel, du malaise à la solidarité, qui fait toute la force de la proposition : on ne regarde pas juste un écran, on vit une expérience qui laisse des traces.

Pourquoi il faut y passer un dimanche

Le message du macLYON est clair : pour ressentir, il faut ralentir. Dans une société où tout va trop vite, consacrer du temps à une œuvre, c’est un acte de résistance. Regards sensibles n’est pas là pour vous divertir pendant trente secondes entre deux notifications, mais pour vous marquer durablement. C’est une invitation à sortir du mode pilotage automatique et à laisser une image, un son ou un montage vous percuter en plein cœur. Si vous voulez retrouver le goût de l’art sans filtre et sans algorithme, Lyon sera votre point de chute jusqu’en 2026. Allez-y pour vous reconnecter à ce que vous ressentez vraiment.

En bref

  • L’expo : Regards sensibles, une exploration de la collection vidéo Lemaître au macLYON.
  • Le concept : Une sélection d’œuvres qui privilégie l’émotion brute à l’analyse froide, pour contrer le doomscrolling.
  • Highlights : Des œuvres marquantes comme Barbed Hula, Manque de preuves ou Les Indes Galantes.
  • Durée : À voir absolument jusqu’au 12 juillet 2026.
  • Plus d’infos : Des projections complémentaires sont prévues tout au long de l’exposition.
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