Bye-bye TikTok et Insta ? L’Assemblée nationale veut couper les réseaux aux moins de 15 ans
C’est un véritable séisme numérique qui secoue les couloirs du Palais Bourbon. Dans une nuit fiévreuse, les députés ont voté en faveur d’une proposition de loi radicale : bannir l’accès aux réseaux sociaux pour les mineurs de moins de 15 ans. Derrière ce coup de tonnerre, une ambition affichée : protéger la santé mentale de la Gen Z et des générations suivantes, jugées trop exposées à des plateformes aux algorithmes conçus pour l’addiction et aux contenus parfois franchement toxiques. Le projet, validé par l’exécutif et soutenu par Emmanuel Macron, n’est pas une simple posture. Le président a été clair sur X : « Le cerveau de nos enfants n’est pas à vendre. Ni aux plateformes américaines, ni aux réseaux chinois. » Si le Sénat donne son feu vert, la France pourrait devenir l’un des territoires les plus restrictifs au monde, rejoignant l’Australie dans cette lutte frontale contre la omniprésence numérique chez les ados.
Un calendrier serré, entre ambition et casse-tête technique
Le gouvernement veut aller vite, très vite. La roadmap est ambitieuse : interdire la création de nouveaux comptes pour les moins de 15 ans dès la rentrée 2026, puis durcir le ton pour tous les utilisateurs existants au 1er janvier 2027. Le gros souci ? La mise en place d’un système de « check » d’âge infaillible. Gabriel Attal a lancé l’idée d’un « tiers de confiance » pour valider l’identité, une option qui évite la reconnaissance faciale, souvent jugée trop intrusive et liberticide. Concrètement, qu’est-ce qui va changer dans le quotidien des ados ? Rassurez-vous, les messageries privées comme WhatsApp ou les plateformes 100 % éducatives ne sont pas dans le viseur. En revanche, pour TikTok, Snapchat ou Instagram, c’est une tout autre affaire. Et la sanction fait trembler la Silicon Valley : en cas de non-respect des règles, les plateformes risquent des amendes colossales atteignant jusqu’à 6 % de leur chiffre d’affaires mondial.
Santé mentale : le cœur d’un combat qui divise
Ce texte ne sort pas de nulle part. Il fait suite aux alertes alarmantes de l’Anses concernant les ravages des réseaux sur le développement des plus jeunes. Cyberharcèlement, insomnies chroniques, comparaison permanente avec des standards de beauté saturés de filtres, ou encore exposition à des contenus d’une violence inouïe : les députés estiment qu’il est temps de reprendre la main face à des algorithmes qui dictent nos moindres secondes. Pourtant, tout le monde ne saute pas au plafond. À gauche, les Insoumis dénoncent un « paternalisme numérique », estimant que cette loi ignore les causes profondes du mal-être des jeunes. De nombreux experts doutent également de la faisabilité technique : à l’ère des VPN et de la « débrouillardise » technologique, les mineurs trouveront-ils des failles ? Laure Miller, la députée qui porte le projet, admet que le jeu du chat et de la souris est inévitable, mais demande : « Est-ce une raison pour renoncer ? »
Vers un lycée sans smartphone ?
Le projet va encore plus loin en s’attaquant à la présence du téléphone au sein même des lycées. Si les collèges sont déjà protégés, ce texte propose une gestion plus stricte dans le secondaire. L’idée serait de laisser les établissements définir des zones autorisées tout en bannissant l’usage dans les couloirs ou en classe. L’objectif avoué est de réinvestir le « temps long » et de privilégier les interactions en face à face, loin du scroll infini.
- Objectif : Interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans d’ici 2027.
- Impact : TikTok, Insta et Snapchat visés ; WhatsApp épargné.
- Sanctions : Amendes allant jusqu’à 6 % du chiffre d’affaires mondial pour les plateformes.
- Santé : Une réponse aux inquiétudes sur le cyberharcèlement et l’addiction aux écrans.
- Lycées : Encadrement strict de l’utilisation du smartphone dans les zones communes.


