Gisèle Pelicot sort ses mémoires : le récit d’une résilience historique
Le 17 février restera une date marquante dans le paysage littéraire et sociétal. C’est ce jour-là que sortira mondialement Et la joie de vivre, le livre le plus attendu de l’année. Gisèle Pelicot, devenue malgré elle une icône mondiale de la lutte contre les violences sexuelles après le procès historique d’Avignon, y raconte son histoire pour la toute première fois. Loin d’être une simple rétrospective judiciaire, ce récit est une plongée brute et nécessaire dans la vie d’une femme qui a décidé de briser le silence pour transformer son traumatisme en un levier de changement collectif.
Un monde qui bascule en quelques minutes
Le livre s’ouvre sur une date charnière : le 2 novembre 2020. Ce matin-là, Gisèle et son mari, Dominique Pelicot, sont convoqués au commissariat de Carpentras. À ce moment précis, celle qui décrit son époux comme un super mec, bienveillant et attentionné, est à des années-lumière de la vérité. En quelques minutes, c’est l’effondrement total. Elle découvre que, pendant des années, l’homme avec qui elle partageait sa vie l’a droguée, violée et livrée à des inconnus. Ma tête hurlait que non, non, ce n’était pas moi, ce n’était pas lui, écrit-elle avec une lucidité glaçante. À travers les pages, elle alterne entre le récit de cette épreuve judiciaire éprouvante et des souvenirs plus intimes de sa vie d’avant, convoquant les figures de sa mère et de sa grand-mère pour dessiner le portrait d’une femme ancrée dans son histoire.
Comprendre l’horreur pour mieux la combattre
Le cœur du livre est habité par cette volonté obsessionnelle de comprendre. Gisèle Pelicot décortique la descente aux enfers orchestrée par son ex-mari depuis 2010. Elle explore les racines tourmentées de Dominique Pelicot, ce gosse amoché devenu un tyran, et la transformation progressive de celui qu’elle avait rencontré en 1971, jeune électricien doux, en un homme connecté aux pires réseaux de prédateurs. Plus qu’un procès, elle livre une analyse chirurgicale de la soumission chimique, qu’elle définit comme l’outil ultime de la domination masculine. Elle veut alerter : Je voudrais que cette histoire serve aux autres, qu’une femme qui le matin se lèvera, qui ne se souviendra pas de ce qu’elle a fait la veille, s’interrogera et se dira : ‘tiens, ça me rappelle le procès Pelicot’.
La magnifique secousse tellurique
Au-delà du traumatisme, le livre porte un message puissant. Gisèle Pelicot insiste : son ouvrage n’est pas un livre de victime. Elle refuse l’étiquette d’icône, préférant se définir comme une femme ordinaire qui a refusé le huis clos. Elle raconte l’émotion immense ressentie face à la foule qui l’applaudissait devant le tribunal d’Avignon, cette chaleur humaine qui l’a sauvée et qui lui a fait réaliser que son combat ne lui appartenait plus, qu’elle était devenue une voix pour toutes les autres. Aujourd’hui, elle aspire simplement à profiter de la vie, sans haine, avec l’espoir que son prénom puisse servir d’étendard pour faire bouger les lignes.
Une résonance mondiale
Pour accompagner cette sortie, le livre sera traduit en 22 langues. Aux États-Unis, il prend le titre évocateur A hymn to life, Shame has to change sides (Un hymne à la vie, la honte doit changer de camp). Gisèle Pelicot entame une tournée internationale — Londres, Berlin, Madrid, New York — pour porter cette parole nécessaire. En France, le tirage initial de 150 000 exemplaires témoigne de l’attente immense autour de ce récit co-écrit avec la journaliste Judith Perrignon.
En bref
- L’ouvrage : Et la joie de vivre, co-écrit avec Judith Perrignon, disponible le 17 février.
- Le sujet : Un récit intime et politique sur le procès d’Avignon et la lutte contre la soumission chimique.
- Le rayonnement : Traduit en 22 langues avec une tournée internationale prévue à Londres, Berlin et New York.
- L’engagement : Gisèle Pelicot veut transformer la honte en un outil de sensibilisation pour toutes les victimes potentielles.



