Si vous cherchiez votre prochaine claque visuelle et narrative, ne cherchez plus. Ce matin, le couperet est tombé sur la matinale de France Inter : le grand gagnant du Prix BD Fnac – France Inter 2026 est officiellement désigné. Il s’agit de Soli Deo Gloria, un roman graphique colossal paru aux Éditions Dupuis en 2025. Un chef-d’œuvre à quatre mains signé par le scénariste Jean-Christophe Deveney et l’illustrateur Édouard Cour qui met tout le monde d’accord.
Le destin croisé de deux gamins dans l’Europe du XVIIIe
L’histoire commence par une phrase mystérieuse : Toute naissance est un chant. On plonge dans le XVIIIe siècle, une époque où l’Europe du Saint-Empire germanique n’est pas vraiment un cadeau. C’est là que naissent Hans et Helma, deux jumeaux qui débarquent sous un ciel crasseux. Pour ces deux enfants de paysans, le futur semble déjà écrit : de la crasse, de la sueur, de la galère et une espérance de vie proche du néant.
Pourtant, le destin va prendre une tournure inattendue. Très vite, les jumeaux développent une oreille absolue et une passion dévorante pour la musique. Orphelins ballotés de foyer en foyer, ils s’accrochent à cette note, à ce rythme, qui va leur servir de bouée de sauvetage. Comme l’explique Jean-Christophe Deveney aux Inrockuptibles, il y avait un contraste saisissant à l’époque : une période de famines, de guerres et de maladies violentes qui, pourtant, cohabitait avec l’apogée de la musique baroque incarnée par des génies comme Bach et Vivaldi.
Un OVNI visuel et mélodique
Si Soli Deo Gloria est une claque, c’est autant pour son script que pour l’esthétique signée Édouard Cour. Imaginez un travail graphique qui oscille entre la précision des gravures anciennes et le clair-obscur dramatique des toiles de Rembrandt. Le noir et blanc domine, mais il est régulièrement dynamité par des touches de couleurs vives, presque électriques, qui viennent matérialiser les notes de musique lorsqu’elles résonnent dans le récit.
Le dessinateur confie avoir cherché cette texture de vieille lithographie en bidouillant la matière. Le résultat est bluffant : on ne lit pas seulement l’histoire, on entend la musique. Le titre lui-même est une référence à la signature SDG que les grands compositeurs comme Bach ajoutaient à leurs partitions, signifiant À Dieu seul la gloire. C’est ce fil rouge qui lie la quête d’émancipation de nos deux protagonistes, passant de leur condition paysanne à une maîtrise artistique qui dépasse leur simple condition sociale.
Avec ses 300 pages, cet album est un véritable voyage. C’est un récit d’apprentissage qui parle d’ambition, de résilience et de cette force incroyable que possède l’art pour nous sortir de la boue. En ces temps parfois moroses, Soli Deo Gloria s’impose comme une œuvre lumineuse, ambitieuse et profondément humaine que l’on vous conseille de dévorer sans attendre.
En bref
- Le titre : Soli Deo Gloria, lauréat du Prix BD Fnac – France Inter 2026.
- Le pitch : Hans et Helma, des jumeaux paysans, tentent de s’extirper de la misère du XVIIIe siècle grâce à leur génie musical.
- L’équipe : Jean-Christophe Deveney au scénario (habitué aux récits puissants comme Géante) et Édouard Cour au dessin.
- Le style : Une claque esthétique mariant gravure ancienne et éclats chromatiques pour illustrer la musique.
- Pourquoi le lire : Pour l’ascension sociale, la BO imaginaire et la beauté plastique de l’objet.



