Gus Van Sant revient fracasser nos écrans avec le thriller le plus stressant de l’année

Sortez les agendas : c’est l’événement ciné de ce mois d’avril. Sept ans après son dernier projet, le génie Gus Van Sant (l’homme derrière les cultissimes Elephant et My Own Private Idaho) est de retour avec La Corde au cou. Présenté à la Mostra de Venise, ce 18e long-métrage plonge tête la première dans l’Amérique des seventies pour raconter une histoire si absurde et tendue qu’elle en devient fascinante. C’est vrai, c’est arrivé pour de vrai, et ça a secoué toute l’Amérique en 1977.

L’intrigue ? Indianapolis, février 77. Richard Hall, fils d’un puissant courtier, s’apprête à passer une journée de bureau ordinaire. Sauf que son père, occupé à dorer sous le soleil de la Floride, a laissé son fiston gérer les dossiers. Mauvaise pioche. Tony Kiritsis, un client enragé par ses dettes, débarque avec un plan machiavélique : il enchaîne Richard avec un collier métallique relié à un fusil chargé, braqué en permanence sur sa nuque. Un niveau de stress qui ferait passer vos partiels pour une promenade de santé.

Un casting cinq étoiles pour une prise d’otage poisseuse

Si vous aviez l’habitude de voir Dacre Montgomery en mode bad boy avec sa coupe mulet dans Stranger Things, oubliez tout. Ici, il campe Richard Hall, le businessman coincé dans un cauchemar éveillé. Face à lui, Bill Skarsgård livre une performance viscérale dans le rôle de Tony Kiritsis. Fébrile, imprévisible et étrangement attachant, il donne à ce thriller des airs de Fargo version sombre. Le reste du casting n’est pas en reste, avec le légendaire Al Pacino et le charismatique Colman Domingo qui viennent renforcer la tension de ce huis clos étouffant.

Le film réussit une prouesse : rendre empathique un preneur d’otages qui joue avec la vie d’un innocent. Car Tony ne cherche pas forcément le chaos gratuit, il veut une forme de justice. Dans une société où le fossé entre les classes explose, difficile de ne pas voir un parallèle avec l’actualité brûlante de 2024. Le film pose la question qui gratte : est-on face à un criminel dangereux ou à un héros de la débrouille poussé à bout par un système capitaliste qui écrase les petits ?

Le cirque médiatique en plein prime time

Ce qui rend La Corde au cou vraiment puissant, c’est la manière dont Gus Van Sant filme la pression médiatique. Pendant 63 heures, Indianapolis devient le théâtre d’un cirque absurde. Entre les images d’archives d’époque et les reconstitutions techniquement bluffantes simulant les caméras news des années 70, le réalisateur dissèque comment la télé en direct a transformé ce drame en spectacle de masse. On y suit l’ascension fulgurante d’une journaliste locale cherchant le scoop de sa vie, dans une atmosphère de stress permanent portée par une bande-son rétro absolument parfaite.

C’est un film nerveux, sec, qui prend aux tripes. Une plongée dans un fait divers qui dit tout de notre fascination pour les marginaux et les systèmes qui broient les destins. Courez voir ça en salles, c’est ce qu’on appelle du grand cinéma de genre.

En bref

  • Réalisateur : Gus Van Sant
  • Genre : Thriller / Drame historique
  • Casting : Bill Skarsgård, Dacre Montgomery, Al Pacino
  • Date de sortie : En salles depuis le 15 avril
  • L’ambiance : Un mélange nerveux entre Un après-midi de chien et Fargo.
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