On pensait que le dossier était clos, mais non : le concert de Kanye West au Stade Vélodrome, prévu le 11 juin prochain, est plus que jamais sur la sellette. Et cette fois, ce n’est pas juste une petite polémique sur les réseaux sociaux. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a fait savoir qu’il étudiait « toutes les possibilités » pour bloquer la venue de l’interprète de Donda sur le sol français. En clair : le gouvernement met tout en œuvre pour empêcher le show marseillais.
Une guerre ouverte contre Ye
L’ambiance est pesante autour de cette date unique en France. Selon des informations confirmées à l’AFP, le ministre est « très déterminé ». En coulisses, il a déjà multiplié les échanges avec le préfet de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, Jacques Witkowski, et le maire de Marseille, Benoît Payan, lors de sa récente visite dans la cité phocéenne. L’objectif est clair : éviter que Marseille ne devienne la rampe de lancement d’un artiste dont les sorties de route n’en finissent plus de choquer.
Il faut dire que Benoît Payan ne cache pas son hostilité. Dès le mois de mars, le maire de la ville avait dégainé sur X (anciennement Twitter) avec une fermeté rare : « Je refuse que Marseille soit une vitrine pour ceux qui promeuvent la haine et le nazisme décomplexé. Kanye West n’est pas le bienvenu au Vélodrome ». Pour le maire, laisser Ye se produire dans ce stade, considéré comme le « temple du vivre-ensemble », n’est tout simplement pas envisageable.
Un passif qui pèse lourd
Pourquoi un tel emballement ? Si Kanye West, désormais connu sous le nom de Ye, a longtemps été une icône absolue du hip-hop, ses dernières années ont été marquées par une descente aux enfers idéologique. Entre sorties antisémites violentes, admiration affichée pour Adolf Hitler dans plusieurs interviews et vente de produits dérivés douteux, le rappeur s’est mis au ban de l’industrie. Le point de non-retour a été franchi lorsqu’il a sorti un morceau intitulé « Heil Hitler », immédiatement banni des plateformes de streaming par les géants du secteur.
Le Royaume-Uni, lui, a déjà tranché. En avril dernier, le gouvernement britannique a interdit à l’artiste d’entrer sur son territoire pour ses dates prévues en juillet. Résultat : le Wireless Festival, dont il était la tête d’affiche, a dû annuler purement et simplement ses festivités. Une décision radicale que la France semble vouloir copier, malgré une approche différente chez nos voisins néerlandais. Pays-Bas qui, eux, ont choisi de ne pas interdire ses concerts, invoquant l’absence de menace directe pour l’ordre public ou la sécurité nationale.
Alors, faut-il séparer l’homme de l’artiste ? C’est le dilemme qui agite désormais les officiels. Alors que Ye a perdu la quasi-totalité de ses contrats publicitaires et une immense partie de son fan-base historique, ses concerts restent des moments de tension extrême. Le gouvernement français va-t-il réussir à verrouiller le Vélodrome ? Réponse dans les jours à venir. Une chose est sûre : à Marseille, le terrain est miné.
En bref
- Le gouvernement étudie les moyens légaux pour annuler le concert du 11 juin au Vélodrome.
- Le maire de Marseille, Benoît Payan, s’oppose fermement à la venue de Kanye West, qualifiant ses propos de « nazisme décomplexé ».
- Le Royaume-Uni a déjà banni l’artiste de son territoire en raison de ses dérapages antisémites récurrents.
- Kanye West traverse une crise majeure, marquée par des titres censurés et la perte de nombreux partenaires commerciaux.



