Chemsex : comment soutenir un proche en pleine spirale ?
On en parle beaucoup ces derniers temps, et c’est tant mieux. Mais le « chemsex », ce n’est pas qu’une question de santé publique ou de statistiques. C’est aussi une réalité qui frappe fort au sein de nos cercles d’amis, de nos relations, et de nos familles. Quand l’un des nôtres tombe dans l’engrenage de l’addiction, le sentiment d’impuissance est immédiat. On veut aider, on veut sauver, mais on ne sait pas toujours par quel bout prendre le problème.
Comme le souligne la docteure Hélène Donnedieu, face à l’addiction d’un proche, le premier réflexe est souvent la sidération : « On se sent souvent impuissant ». Pourtant, ton rôle de soutien est crucial, à condition d’adopter les bons réflexes et, surtout, de ne pas s’oublier dans le processus.
Ne porte pas le poids du monde sur tes épaules
La règle d’or ? Tu n’es pas son sauveur, ni son thérapeute. Vouloir « réparer » quelqu’un qui n’est pas prêt à changer, c’est le meilleur moyen de s’épuiser. Le soutien, c’est être une présence fiable, pas une béquille sur laquelle il s’écroule. Avant d’agir, fais le point sur tes propres limites. Si tu n’es pas bien, tu ne pourras pas aider. Priorité à ta santé mentale.
La communication, mais sans le jugement
Le chemsex est encore largement tabou et entaché par une honte immense. Si ton ami ou ton partenaire se sent jugé, il se braquera. L’idée est d’ouvrir le dialogue sans faire la morale. Utilise le « je » au lieu du « tu ». Au lieu de lancer un « Tu te détruis avec tes consommations », préfère un « Je m’inquiète pour toi parce que je vois que tu vas moins bien en ce moment ». L’objectif est de créer un espace de sécurité où la parole peut circuler sans peur du rejet.
Apprends à repérer les signaux d’alerte
L’addiction au chemsex, c’est souvent un isolement progressif, des changements d’humeur brutaux ou une déconnexion avec la réalité du quotidien. Ne minimise pas ces signaux sous prétexte que « c’est juste pour faire la fête ». Propose des alternatives : sortir pour un café, faire du sport ou simplement discuter loin du milieu et des produits. Montre-lui qu’il existe une vie épanouie en dehors de ces sessions.
L’urgence : orienter vers les pros
Parfois, l’amour ne suffit pas. Si la situation t’échappe, n’essaie pas de jouer les héros solitaires. Guide ton proche vers des structures spécialisées comme AIDES, le Checkpoint ou des centres de soins en addictologie (CSAPA). Ces lieux sont habitués à ces problématiques, sans aucun jugement. Il existe des numéros d’écoute, des permanences et des groupes de parole. Parfois, le simple fait de lui tendre le numéro d’une asso suffit à amorcer un premier pas vers le soin.
L’essentiel
- Fixe des limites : Tu ne peux pas tout porter, protège ta santé mentale en priorité.
- Zéro jugement : La culpabilité est le pire ennemi. Privilégie l’écoute bienveillante au « tu dois arrêter ».
- Sois un repère : Propose des activités saines qui n’impliquent pas la consommation.
- Délègue aux experts : Oriente ton proche vers des structures spécialisées (AIDES, CSAPA, Checkpoint) dès que la situation devient ingérable.



